29.042014
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Le syndrome des vestiaires : pourquoi est-ce si important ?


Le syndrome des vestiaires, moment tant redouté par les jeunes garçons où l’angoisse prend le dessus par peur de ne pas être « bâti » comme tous ses autres camarades. Après un cours de sport, ensemble, ils se livreront à un jeu de comparaison de manière totalement ouverte ou à travers une discrète observation. Cette pratique peut encore exister à l’âge adulte. Finalement, ce genre de comportement est tout à fait commun.

Alors, voilà le problème : si un des jeunes hommes se trouve plaisamment gâté par la nature, il sera mis en position de héros par ses confrères (avec une mise en valeur de l’égo).  Mais le contraire peut aussi se produire.[1] La personne risque d’être sujette  aux moqueries avec la menace de développer une véritable phobie et quelques désagréments sexuels.

Pourquoi cette comparaison de pénis est-elle si fatale chez les hommes ?

Contrairement à la femme, les organes génitaux masculins sont externes et donc plus visibles et facilement plus observable.

Le phallus reste le symbole par excellence de la virilité masculine. A travers le pénis, l’homme se positionne comme un être dominant, reproducteur. Bref, dans nos plus profondes croyances, comme un mâle dans la « norme » et  « performant ». En parlant, de cette envie de performance, il est encore injustement ancré dans l’esprit de certains qu’il faut un pénis imposant pour donner du plaisir à sa partenaire.

Mais est-ce que la taille du pénis, est-elle vraiment importante dans une relation de couple ?

Certaines personnes vont dire « oui  », d’autres « non ». Cela reste très subjectif. On connaît tous l’expression «  mieux vaut une petite qui frétille qu’une grosse qui roupille » !

Dans les différentes études/enquêtes, on peut constater que la moyenne d’un pénis au repos est 6 à 11 cm de longueur et d’un pénis en érection est de 11 à 20 cm de longueur. A cela, s’ajoute des différences physiologiques suivant les hommes.

Finalement, la taille n’aurait aucune incidence sur la sexualité si nous avons conscience de quelques notions. En voici des exemples :

Concernant le sexe masculin :

-          Dans la sexualité, l’important c’est, bien évidement, l’érection. Mais surtout sa rigidité ou encore sa capacité à pénétrer,…

Un sexe en repos ne reflète pas toujours la dimension de ce même sexe en érection. Et dans un vestiaire, les hommes sont rarement en érection !

-          Le physique va jouer un rôle important dans la manière de voir son sexe. En voici quelques exemples : une personne en surpoids risque de voir son pénis autrement qu’une personne plus svelte, la pilosité au niveau des organes génitaux donnera une impression de petitesse, la position corporelle peut aussi avoir son influence (se tenir droit ou pas),….

-          La pornographie est la référence principale chez les hommes depuis quelques années. Alors que beaucoup de garçons ont leurs premiers émois à travers ces films, on peut facilement observer que les phallus sont souvent bien plus grands et plus imposants que dans la réalité. La pornographie étant faite par des hommes pour des hommes, le pénis a tout intérêt à être surreprésenté. Cela a bien souvent des conséquences négatives pour la suite de la vie sexuelle.

-          Les conditions climatiques peuvent interférer dans la taille du pénis. Avoir trop chaud ou trop froid ne met pas en valeur le phallus.

-          Les hommes, tout comme les femmes, peuvent souffrir de l’effet de la perception. On ne voit jamais son corps comme l’autre nous distingue. Par ailleurs, la personne qui observe son sexe, aura une vision différente par rapport à la personne qui se trouve face à lui. La perspective étant totalement différente.

Concernant la sexualité :

-          Lors de la relation sexuelle, il sera plutôt apprécié les mouvements du bassin, la mouvance des corps,…Que le simple va et vient du pénis.

-          Dans le même sens, les femmes seront plus attentives à l’importance des préliminaires, des caresses, des stimulations sexuelles,… Mais aussi à la place du relationnel, de l’échange, de l’amour,…

-          La femme sera plus sensible aux sensations faites contre les parois de son vagin (effet de pression) et la simulation de son clitoris. Parfois, une pénétration profonde peut faire mal et être totalement inutile. Certaines femmes préfèrent les sensations ressenties à l’entrée du vagin.

Même si ce concours entre « mâles » peut parfois être vécu de manière déplaisante et laisser un goût amer, je propose de se concentrer surtout sur sa relation de couple plutôt qu’aux échanges avec ses pairs. Un membre plus grand, n’est pas synonyme de plaisir plus grand. Et, même si certains aiment faire part de leurs expériences, l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs. Finalement, les jugements de chacun restent infondés puisque bien trop subjectifs et personnels.

Et si le partenaire reste à vos côtés, c’est que, dans l’ensemble,  il est satisfait de la relation. N’hésitez pas à communiquer avec pour savoir ce qu’il ressent, ce que vous pouvez modifier ou au contraire continuer à faire sans modération ! Cela vous aidera peut-être à faire diminuer votre angoisse.

Si le problème persiste, il est, toujours, possible de consulter un sexologue.



Virginie Koopmans



[1] GORISSE JACQUES, L’hypnose en sexologie, Etudes de cas, Collection vivre et comprendre, Ellipses, 2000

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