23.102014
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Les idées reçues en sexualité

Les idées reçues ont toujours fait la part belle à la sexualité. Allant jusqu’à parasiter le cerveau et l’empêchant d’atteindre l’épanouissement sexuel.

Elles ont toujours existé. En voici quelques unes : « la masturbation rend sourd », « une femme dite « normale » doit impérativement avoir un orgasme à chaque rapport sexuel », « l’homme peut contrôler son éjaculation »,…

Trouvé dans une brocante, l’ouvrage du Dr Jacques Waynberg, « Les idées reçues sur la sexualité »[1], énumère une centaine d’idées préconçues. Si de nouvelles études sont apparues ces dernières années, cet ouvrage âgé de 26 ans prouve, malgré tout, que ces théories reviennent très régulièrement dans notre manière de penser la sexualité.

Voici quelques exemples remis au goût du jour :


-          La circoncision apporte plus de plaisir sexuel à l’homme.

Pas forcément et cela reste assez subjectif. Chez certains, le décalottage fait partie du scénario d’amplification du désir/excitation. Ce geste est vu comme un acte érotisable. Circoncit ou pas, le gland est, de toute façon, nu dans le vagin lors de la relation sexuelle.

On parle souvent de la circoncision comme un acte hygiénique. Mais il suffit d’intégrer le décalottage dès le plus jeune âge et d’acquérir les bons gestes lors de la toilette.

La circoncision n’a pas d’incidence sur l’éjaculation précoce. C’est l’absence de gestion de l’excitation qui va provoquer une éjaculation rapide.

Il se peut aussi que l’homme circoncit se masturbe moins ou utilise un lubrifiant lors du rapport suite au risque de frottement à « sec ».


-          Une femme vierge à un hymen parfaitement tendu, fermé et recouvrant l’entièreté du vagin.

L’hymen est un vestige embryonnaire, il n’est pas représenté en une seule « peau » mais plutôt en un amas de petits tissus s’entassant les uns sur les autres (cfr : l’idée d’une rose et ses pétales). L’hymen peut prendre différentes formes et variations. Il n’est pas tendu comme une peau de tambour et peut-être très élastique. Il sera composé d’une ouverture pour permettre l’écoulement des règles. D’où la possibilité d’introduire un tampon dans le vagin en étant vierge.


Lors du premier rapport sexuel, la pénétration ne sera pas forcément douloureuse et accompagnée de saignements. S’il persiste une angoisse de douleur, elle est souvent due à la peur de la première fois et la contraction du vagin. Pour ce qui est des saignements, il n’y a pas forcément de grands écoulements, l’hymen est capable de se dilater.


-          L’alcool facilite les rapports sexuels et apporte plus de plaisir et d’excitation lors de l’acte sexuel.

Ne nous mentons pas, quelques verres d’alcool peut nous aider à se désinhiber. Mais cela n’est pas sans risques : addiction, dysfonction sexuelle (érection, absence d’éjaculation, perte de plaisir, sécheresse vaginale,…), troubles médicaux, troubles corporels, mauvaise image de soi, abus/viol, … De plus, l’alcool n’aide pas à acquérir la confiance en soi.


-          « La fellation est une preuve d’amour et de maturité érotique féminine »[2]

La fellation, c’est surtout une histoire de goût, d’envie, de confiance en soi, confiance en son couple,…

Chez certaines femmes, le refus de l’acte vient d’une crainte de recevoir le sperme dans la bouche. Pour cela, il est important de pouvoir en parler avec son partenaire. (Comment anticiper l’éjaculation ? Au moment de l’éjaculation : les testicules remontent pour se coller très près corps. Il est possible de ressentir des contractions partant de l’anus. La femme peut se retirer à cet instant et continuer à masturber son compagnon).


Les femmes parlent souvent de la difficulté de garder la verge en bouche sans déglutir. Cette sensation de « gorge profonde » est très agréable pour l’homme mais il n’est pas nécessaire d’enfoncer profondément la verge dans l’orifice ou encore de tenir la tête de sa partenaire sans son accord. Et ce, au risque de ne plus profiter de la petite gâterie à l’avenir….Cette pratique comme toutes les autres doit se dérouler dans le plus grand respect de chacun.


Si les hommes aiment tant la fellation, c’est parce qu’elle leur procure un plaisir et des sensations différentes à la pénétration. Mais aussi parce qu’elle laisse libre cours aux fantasmes, elle porte toute l’attention de la femme sur le pénis ou encore parce qu’il existe un petit côté de « domination ».


Soulignons que lors de relations sexuelles avec des partenaires irréguliers, le risque d’IST reste très présent, il est important de se protéger et d’utiliser un préservatif même pour une fellation.


-          « Après une épisiotomie, les rapports vont rester définitivement douloureux »[3]

Dans la majorité des cas, cela est faux. On parle souvent d’une douleur psychologique. On peut expliquer la présence d’un trouble de désir ou encore la présence d’un trauma suite à ce qui peut être ressenti comme : une mutilation du corps lors de la naissance d’un enfant.

Cet argument peut aussi être utilisé comme excuse suite à l’angoisse de revivre une sexualité ou encore la peur de retomber enceinte, le regard de l’homme vis-à-vis de cette blessure, l’image de soi, l’équilibre entre amante et mère…


Je ne dis pas que la douleur n’existe pas et qu’elle n’est présente que dans la tête. J’insiste sur le fait que cette douleur est plutôt l’expression d’un corps/d’un esprit en souffrance et il faut pouvoir en trouver la cause. Dans cette optique, beaucoup de femmes sortent du cabinet gynécologique sans réponses car « physiquement » le spécialiste ne voit rien.

(La présence de douleurs suite à une épisiotomie peut être, parfois, d’ordre médical et chirurgical mais je n’en parle pas dans cet article)

La consultation sexologique permettra peut-être de comprendre l’origine de cette douleur.


-          « La pénétration coïtale est une action tellement naturelle qu’elle ne pose aucun problèmes même à une couple inexpérimenté »[4]

NON !

C’est un peu comme cette autre idée préconçue qui insiste sur la nécessité d’avoir une érection très forte pour pénétrer. Si la lubrification vaginale est bonne, la pénétration peut se faire même avec un pénis semi-rigide.


De même que l’intromission du pénis ne se fait pas seule et il faut l’aide de l’homme et bien souvent de la femme pour procéder à la pénétration.


Parfois certains facteurs viennent entraver cette action comme les troubles érectiles, éjaculatoires, du désir, protubérance au niveau des lèvres, fatigue, stress,….Plusieurs éléments factoriels qui font que l’acte sexuel n’est pas naturel. Ce dernier s’apprend tout au long de la vie.


De plus, faire l’amour reste une expression assez subjective. Cela dépend de chacun et de son envie du moment. La pénétration n’est pas forcément obligatoire tant que le couple est satisfait du plaisir donné et reçu.


Voilà quelques idées préconçues qui viennent de temps en temps parasiter notre esprit et troubler notre activité sexuelle. Pour éclaircir le sujet, il est toujours possible de consulter un sexologue. Il n’existe pas de mauvaises questions !



[1]WAYNBERG J., Les idées reçues sur la sexualité, Les guides santé Hachette, 1988, France

[2]WAYNBERG J., Les idées reçues sur la sexualité, Les guides santé Hachette, 1988, France, p.85

[3]WAYNBERG J., Les idées reçues sur la sexualité, Les guides santé Hachette, 1988, France, p.145

[4].WAYNBERG J., Les idées reçues sur la sexualité, Les guides santé Hachette, 1988, France, p.154

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