02.062015
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Mais pourquoi rémunérer un sexologue ?

Troubles sexuels - Sexologie - sexologue

Troubles sexuels - Sexologie - sexologue


Voilà la question que je me pose lors de mes échanges à travers ma boîte mail et ma page Facebook.

Je reçois des messages me demandant de l’aide et des conseils pour résoudre un problème d’ordre sexuel. Ces messages me précisent que la personne ne veut pas consulter pour ne pas dépenser de l’argent.

Or, quand je suis malade, je prends rendez-vous chez mon médecin traitant pour me guérir. Quand j’ai une rage de dent, je prends rendez-vous chez mon dentiste pour me soulager. Non, je ne téléphone pas pour demander une solution toute faite au téléphone et éviter de payer ainsi une consultation. Mon problème, ma maladie m’est personnelle.

Alors pourquoi, quand on rencontre une difficulté sexuelle, son traitement devrait-être, lui, gratuit quand tous les autres domaines de la santé sont rémunérés ?

La sexualité fait partie du domaine de la santé et doit être prise en compte comme un élément à part entière. La bonne santé sexuelle est un droit et doit le rester. Et pour répondre correctement à une situation, il faut un professionnel formé.

Seulement voilà, il n’existe pas de traitement tout fait que nous pouvons dispenser de la même manière à tous les hommes et toutes les femmes. Le traitement et la thérapie s’adaptent à la personne, son histoire, son expérience, ses envies, ses objectifs, sa motivation, ses échecs, ses traumatismes, …

D’où l’importance de la première rencontre. Celle qui va permettre de faire connaissance. Lors de cette rencontre, je vais me présenter en tant que sexologue et vous allez vous présenter en tant que patient. C’est à cette occasion que l’anamnèse sera travaillée. C’est un peu une photographie globale de votre situation où, ensemble, nous balayons votre histoire et mettons en place une série d’objectifs réalisables. Evidemment l’anamnèse se travaille à chaque rencontre mais il faut de bonnes bases pour commencer un travail thérapeutique. Les outils proposés se donnent à la carte suivant la situation, les changements positifs mais aussi négatifs.

Ce n’est pas en une phrase ou une rencontre que tout rentrera dans l’ordre. Dans votre « ordre », bien évidemment ! Il faut du temps. Lors d’une angine, il faut quelques jours pour que les médicaments agissent. C’est un peu la même chose lors d’une sexothérapie.

Pour vous proposer un service de qualité, le sexologue doit suivre un parcours de formation, qui est souvent continu: des formations (souvent onéreuses), des colloques, des supervisions, achats de matériel pédagogique, lecture d’ouvrages, lecture de travaux, lecture d’études, vision de documentaire,…

Mais aussi supporter toute une série de coûts : location de cabinet, achat matériel de bureau, trajet voiture, alimentation de site internet, téléphonie, cotisation sociale, assurance,…

Et puis, du temps non rémunéré : écriture d’articles, réponses mails, travail sur les dossiers, préparation de consultation,….

J’aime énormément ce que je fais (et je me dévoue à 100% avec plaisir) et je pense faire un des plus beaux métiers du monde. Quelle fierté de savoir que vous me donnez chaque jour votre confiance et de me laisser entrer, pas toujours aisément, dans votre intimité. Partager des moments de doutes, de douleurs mais surtout de bonheur, j’en suis très reconnaissante. Et quelle leçon de vie !

Mais je ne peux pas accepter que l’on considère mon métier comme une activité non-rémunérée sur le simple fait que l’on aborde la sexualité et que ce n’est pas facile d’en parler.

En tant que professionnel responsable, je ne peux vous vendre une méthode toute faite mais je peux prendre en considération votre personnalité et votre situation pour avancer à votre rythme et trouver AVEC VOUS la solution la mieux adaptée à votre situation. Car oui, je ne suis qu’un guide avec une boîte à outils, le véritable acteur c’est VOUS. Pour que le service reste de qualité, il doit continuer à survivre et de ce fait, être rémunéré.

Alors quand certains ne veulent pas me rétribuer, je leur pose ces questions : Etes-vous motivé ? Est-ce vraiment le bon moment ? Est-ce vraiment une situation désagréable pour vous ?  De quoi avez-vous peur ?

J’espère aussi que très prochainement le statut de sexologue sera reconnu. Qu’il bénéficiera de la protection nécessaire pour éviter les débordements de charlatans, d’assurer la reconnaissance de notre métier et proposer un remboursement mutuel. Ainsi la santé sexuelle sera reconnue comme tous les autres domaines de la santé.


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